Facebook, Twitter, on partage plus qu’on ne lit

Cette légende urbaine affirmant que plus un article est partagé plus il est lu et apprécié vient de voler en éclat. Enfin, rien de très surprenant finalement…

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Les voies d’internet sont parfois impénétrables. Selon la dernière enquête Mediametrie, 57% des Français sollicitent le net avant la presse en ligne pour s’informer. Un bon titre est souvent annonciateur d’une viralité fulgurante sur les réseau sociaux, certains lecteurs se contentant même d’un titre et d’une image pour commenter et réagir, à côté de la plaque la plupart du temps (le sujet de leur grief est présent dans l’article qu’ils n’ont pas pris le temps de lire). A contrario, un article très lu et apprécié n’est pas forcément aussi partagé.

 Sur ce graphique, on constate que les articles du site Upworthy sont les plus partagés sur Facebook quand des articles du Huffington Post ou Slate le sont dans une part très infime. Mais cela signifient-ils que ces articles génèrent autant de trafic qu’ils sont partagés ? Non.

L’étude réalisée par Charbeat et menée auprès de divers sites, dont Upworthy, tend à démontrer qu’il n’en est rien. Il n’existerait aucune corrélation entre le fait de partager, twitter, un article et celui de le lire. Cité par The Verge, Tony Haile, PDG de Chartbeat :

Nous n’avons effectivement constaté aucune corrélation entre le nombre de partages sur les réseaux sociaux et le fait que les internautes consultent réellement le contenu.

Twitter ne signifie pas que l’article a été lu donc. Néanmoins, ce phénomène n’est pas propre à Twitter ou à Facebook mais serait visible sur l’ensemble des réseaux sociaux.
Haile ne nie pas le lien entre l’importance du trafic généré et son partage exponentiel sur les réseau sociaux, mais exclue le facteur de la lecture effective sur le site en question.
Pour Chartbeat, plusieurs explications à cela. La première est le mode de consommation de ce contenu : les smartphones. Toujours selon Tony Haile :

Les lecteurs sur terminaux mobiles passent généralement moins de temps sur un contenu que lorsqu’ils surfent sur un ordinateur

Ces utilisateurs des réseaux sociaux préféreraient les sujets légers et seraient plus enclin à partager des informations drôles ou nostalgiques plutôt que de l’analyse ou des faits divers.
Une autre explication avancée par l’étude est que la grande majorité des informations peuvent être contenus dans un tweet de 140 caractères. Une information d’ordre générale ou une hot news par exemple n’a pas besoin d’ajout supplémentaire, son titre se suffit à lui-même pour rendre compte de l’information. Le flux d’informations en continu, appelée « infobésité », fait saturer le lecteur. Ce dernier ne peut pas tout lire et certains partagent donc sans avoir lu l’intégralité de ce qu’ils partagent.

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Dans The Verge, Taylor Lopez, community manager du Daily Mail le concède :

j’ai partagé des centaines d’articles tous les jours dans le cadre de mon travail mais je ne les ai pas tous lus. Je pense que ceux qui affirment lire scrupuleusement chaque article avant de le tweeter vous mentent

On peut tenter d’expliquer cela par les types de contenus les plus populaires et donc partagés. Sur le graphique précédent, on remarque que les autres sites les plus partagés sont twentytwowords,theonion, Buzzfeed notamment, des sites peu connus pour leur longues analyses, leur reportage, etc. mais plutôt pour du contenu vidéo, photographiques, memes, etc. donc potentiellement très virales et qui bénéficient du partage social. Pas besoin de lire l’article pour en valider le titre et savoir ce dont il est question.

Comme le précise ZDNet, les réseaux sociaux ne génèrent encore que peu de trafic sur les sites d’actu. Ainsi, en septembre 2013, Facebook ne représentait que 5% des visites sur un panel de sites d’actualités selon AT Internet. Twitter, lui, grimpait tout juste à 1,1%.

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